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Banques-Les régulateurs intensifient leur surveillance de l'IA face à la multiplication des risques - sources
information fournie par Reuters 13/10/2026 à 12:52

Les autorités de régulation bancaire du monde entier redoublent d'efforts pour maîtriser les risques croissants liés à l'intelligence artificielle (IA), ont dit à Reuters six sources au fait de la question, face à la crainte que des cyberattaques ou des acteurs malveillants ne mettent en péril la stabilité financière mondiale.

Cet examen réglementaire, dont les nouveaux détails sont révélés pour la première fois, reflète la prise de conscience croissante que les avancées en matière d'IA peuvent nécessiter d'importants investissements en matière de protection, une attention accrue portée aux dépendances vis-à-vis des fournisseurs de technologies externes et, dans certaines juridictions, un cadre réglementaire plus formel, ont dit les sources.

Aux États-Unis, trois organismes de régulation majeurs, dont la Réserve fédérale (Fed), ont commencé à interroger les banques sur leur utilisation des modèles avancés d'IA, selon deux des sources.

En Europe, les autorités de surveillance, notamment la Banque d'Angleterre (BoE) et la Banque centrale européenne (BCE), font pour leur part pression sur les établissements pour qu'ils élaborent de meilleurs plans de reprise, ont déclaré trois des sources.

Un cadre supérieur d'une grande banque européenne a même déclaré être "sincèrement inquiet", disant que les progrès de l'IA pourraient causer des dommages importants aux marchés bancaires et financiers "dans les six mois".

Les préoccupations des autorités de régulation font écho aux mises en garde déjà formulées par le secteur, alors que le débat sur la surveillance de l'IA s'est intensifié à la suite des incidents récents.

Le directeur général d'Anthropic, Dario Amodei, a lui-même lancé un avertissement saisissant en septembre dernier, invitant les entreprises spécialisées dans l'IA à ralentir le rythme auquel elles améliorent leurs modèles, afin de disposer du temps nécessaire pour gérer les risques.

IA AGENTIVE

Les enquêtes des autorités de régulation américaines portent sur la manière dont les banques utilisent l'IA agentique dans des domaines tels que la cybersécurité.

Les questions posées par le Bureau du contrôleur de la monnaie (OCC), la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) et la Fed portent sur les limites imposées aux systèmes, la manière dont leurs actions sont surveillées et approuvées, ainsi que sur la capacité des banques à suivre et à contrôler clairement les décisions des agents, ont indiqué deux des sources.

Les régulateurs s'interrogent également sur les mesures de protection mises en place pour empêcher les agents de dépasser leurs compétences, sur le maintien de l'implication humaine dans les décisions clés et sur la manière dont les banques peuvent désactiver les systèmes autonomes en cas de problème.

L'OCC, la Fed et la FDIC ont refusé de commenter.

À travers leurs questions, les régulateurs examinent des enjeux plus spécifiques, notamment l'utilisation d'agents IA autonomes, les modèles développés à l'étranger et les nouveaux risques cybernétiques, ont indiqué trois sources.

Les questions écrites et orales adressées tant aux grandes banques qu'aux établissements de taille moyenne et petite portent principalement sur les vulnérabilités liées à leur utilisation de l'IA et sur leur capacité de réaction, ont-elles ajouté.

Les sources précisent que les régulateurs continuent de recueillir des informations et ne donnent pour l'instant aucune consigne sur ce que les établissements devraient faire.

PLANS DE REPRISE

Au Royaume-Uni, les autorités encouragent les plus grandes banques à étudier ce que l'on appelle des "plans de reprise sur matériel nu", ont indiqué deux sources proches du dossier.

Ces systèmes, totalement indépendants de l'infrastructure informatique principale d'une banque, peuvent prendre le relais en cas de défaillance des principaux systèmes d'exploitation.

Leur mise en place et leur maintenance sont toutefois coûteuses, ont indiqué ces sources.

Plutôt que d'imposer de nouvelles exigences, les autorités britanniques ont l'intention de travailler en collaboration avec le secteur, ont-elles ajouté.

La BoE n'a pas souhaité faire de commentaire.

La BCE avait fixé en juillet à fin octobre la date limite pour que les établissements présentent des plans visant à lutter contre les cybermenaces liées à l'IA, notamment en améliorant les systèmes de sauvegarde et de reprise.

Interrogée sur sa stratégie, la BCE renvoie à sa lettre de juillet ainsi qu'à un discours prononcé en juin par Frank Elderson, membre du directoire, qui avait souligné la nécessité de créer un sentiment d'urgence, et non d'alarmisme, face à ces menaces.

Une troisième source précise que les banques de la zone euro sont également invitées à dresser un état des lieux de l'utilisation de l'IA afin de comprendre les dépendances clés et de s'assurer qu'elles sont en mesure d'arrêter et de redémarrer les systèmes de manière contrôlée.

Des lacunes importantes subsistent toutefois dans certains groupes.

"Pour se protéger contre les attaques, la reprise rapide est tout aussi importante que la prévention", a déclaré à Reuters Sukand Ramachandran, directeur général et associé senior chez BCG.

Sans copies propres et sécurisées des données critiques conservées séparément, "une attaque grave pourrait empêcher les clients d'accéder à leurs comptes et perturber les paiements à l'échelle de l'économie dans son ensemble", dit-il.

(Reportage Nupur Anand à New York et de Phoebe Seers et Tommy Reggiori Wilkes à Londres ; avec la contribution de Pete Schroeder à Washington ; version française Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)

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